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Spécialisation

Un nouveau type de GSP pour booster l’insertion socioprofessionnelle des détenus

Les missions de la Garde de Sécurité Pénitentiaire ont pour finalité principale de contribuer à la réalisation du but ultime de l’emprisonnement qui est la réinsertion sociale. C’est dans la dynamique de cette politique que, la Direction Générale de la GSP, fort de son excellent partenariat avec la Direction centrale du génie militaire, a assuré à Ouagadougou la spécialisation de 21 Assistants de sécurité Pénitentiaire dans plusieurs métiers : menuiserie bois, soudure, plomberie, mécanique auto, électricité. Cette formation a duré 10 mois (17 juin 2013 au 27 mars 2014).

Ce personnel formé mettra ses connaissances au profit de l’encadrement des détenus dans les différents ateliers de formation au niveau des Etablissements Pénitentiaires. Toute chose qui va augmenter les chances de réinsertion sociale des détenus.

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Production Pénitentiaire

La production pénitentiaire sous-entend le travail pénitentiaire. Elle va au-delà du simple travail, dépourvu de toute finalité économique. Dans la notion de production, il y a l’idée de création de biens et l’augmentation de valeur dans les théories économiques. Cependant, la conception la plus large et retenue par les organismes internationaux est celle qui désigne « L’ensemble de l’activité économique organisée qui produit des biens et services s’échangeant habituellement sur le marché et /ou obtenus à partir de facteurs de production s’échangeant sur un marché » .
Par analogie, la production pénitentiaire s’entend comme toute production de biens ou de services par un établissement pénitentiaire dont le but est social et économique. Social en ce sens qu’elle contribue à la réinsertion sociale par la lutte contre l’oisiveté, l’occupation utile et la formation professionnelle du détenu. Economique car elle permet de réduire les charges d’entretien des détenus et la pauvreté en milieu carcéral à travers les recettes provenant de la commercialisation. Aux termes de la règle 71. al.3 des R.M.T. « Il faut fournir aux détenus un travail productif suffisant pour les occuper pendant la durée normale d’une journée de travail ». Aux termes de l’art. 109 du Kiti « L’administration pénitentiaire peut vendre les produits de ses ateliers ou de ses chantiers agricoles sous le régime de la régie directe ». Selon le régime juridique, le travail peut être effectué en régie directe ou en concession de main d’œuvre .
Par ailleurs, l’O.N.U. encourage la production pénitentiaire à travers la Recommandation VI : « En vue de faciliter le reclassement social des détenus, ceux-ci devraient être employés à des travaux les préparant à exercer, après leur mise en liberté, un métier utile et lucratif. Si le recours aux travaux agricoles est avantageux, il est néanmoins désirable de prévoir des ateliers permettant aussi aux détenus d’acquérir une formation professionnelle et industrielle » .

Typologie

Les différentes composantes de la production pénitentiaire sont entre autres :
la production végétale (la culture maraîchère, l’agriculture) et animale (bovins, ovins, porcs…) ;
les unités industrielles telles que les ateliers de menuiserie, de soudure, de couture, la savonnerie, la briqueterie, le tissage, la boulangerie, le moulin etc. ;
les prestations de service telles que la cordonnerie, la buanderie, la blanchisserie, la mécanique auto et moto, le service vidange des fosses sceptiques ;
l’artisanat d’art comme la teinture, la peinture, la broderie, la décoration des différents objets, la fabrication d’objets de parure, la vannerie, le tricotage, la filature, etc. ;
les unités commerciales telles que la boutique, la vente du bois de chauffe, la grillade, etc.

Toutes ces activités se traduisent par la production des biens ou les prestations de services qui sont socialement ou économiquement rentables grâce à leur consommation par les détenus. Aussi, leur commercialisation ou les contreparties financières constituent un revenu pour la prison.
Bien que deux notions à connotations différentes, le travail pénitentiaire et la production pénitentiaire sont deux concepts qui présentent peu de lisière et leur finalité commune est la réinsertion sociale. En clair, toute production pénitentiaire sous-entend un travail pénitentiaire, mais tout travail pénitentiaire n’est pas forcement une production pénitentiaire.
Après cette clarification des concepts, il convient, à présent, de traiter de l’encadrement juridique et institutionnel de la production pénitentiaire dans le système pénitentiaire du Burkina Faso.

Réinsertion Sociale

La réinsertion sociale en milieu pénitentiaire

La réinsertion sociale est ensemble d’axes, de stratégies et de principes fondamentaux qui guident les autorités pénitentiaires dans le traitement des détenus. «La prison étant alors fait non pas pour sanctionner ni pour éliminer mais pour resocialiser ; pour elle, la sanction ayant une valeur éducative, elle doit faire partie intégrante de la resocialisation des détenus ». C’est l’école de la défense sociale.
Selon le petit Larousse, le terme « réinsertion » signifie insérer de nouveau, réintroduire dans un groupe.

En établissements pénitentiaires, la réinsertion sociale peut être définie comme l’ensemble des moyens et des pratiques mise en œuvre par l’administration pénitentiaire pour permettre aux individus faisant l’objet d’une mesure privative de liberté de s’amender, de renouer leurs liens familiaux afin de réintégrer la société une fois leur peine purgée. Ce processus comporte une phase pénitentiaire et une autre dite affective et sociale.
La phase pénitentiaire a pour objectif l’amendement du détenu car c’est au cours de cette phase que le détenu va acquérir la probité légale c’est-à-dire le respect des normes. Cette acquisition se réalise à travers des activités aussi diverses comme le travail pénitentiaire, l’apprentissage de la vie en communauté, le respect de l’ordre et de la discipline, la reconquête de la dignité par le respect d’autrui et notamment le sport. Cette phase intéresse la GSP dont le rôle est de lutter contre la récidive.
Quant à la phase affective et sociale, elle est du ressort des travailleurs sociaux, mais elle concerne également les encadreurs, les instituteurs et les intervenants pénitentiaires. Elle a pour objet le maintien des liens familiaux et sociaux, les contacts avec les employeurs et la préparation matérielle du détenu à sa sortie.